Qui suis-je ?
Difficile de répondre à cette question en quelques lignes.
Je pourrais commencer par te dire que je suis psychologue. C'est vrai.
Je pourrais aussi te parler de mon parcours, de mes études ou de mon expérience professionnelle.
Mais je crois que ce qui me définit le mieux se trouve ailleurs.
Je suis une femme aux multiples facettes, dont certaines sont restées dans l'ombre pendant de nombreuses années.
J'ai toujours été discrète, réservée, timide selon mes enseignants. On me l'a souvent reproché d'ailleurs. Pourtant, derrière cette apparente discrétion, il y a toujours eu un immense feu intérieur.
Une énergie créative qui a besoin de s'exprimer. À travers le dessin, la peinture, l'écriture, la danse, le mouvement, le jardinage ou simplement toutes les idées qui traversent mon esprit à longueur de journée.
J'observe beaucoup, j'analyse, je fais des liens entre les choses : pas étonnant que je sois devenue psychologue !
J'ai une vie intérieure extrêmement riche. Mon cerveau ne s'arrête jamais vraiment. Il est constamment en train de réfléchir, imaginer, créer ou rêver.
Je suis profondément introvertie. J'aime les endroits calmes. La nature, le soleil sur ma peau, les longues promenades.
J'ai besoin de lumière pour me sentir bien (comme une plante chlorophyllienne !)
Je suis aussi pleine de contradictions.
J'aime autant mettre de jolies robes que des vêtements de sport.
Faire des séances photo que marcher pieds nus dans l'herbe.
La féminité assumée autant que les moments où je disparais complètement du regard des autres.
J'aime jouer avec l'archétype de la femme sensuelle.
Et en même temps, une autre partie de moi aspire à quelque chose de très simple, très naturel, presque sauvage.
Longtemps, j'ai cru qu'il fallait choisir entre toutes ces facettes. Aujourd'hui, je crois exactement l'inverse.
Je crois que nous sommes faites de contradictions. Et que c'est précisément ce qui nous rend vivantes.

Je suis aussi une femme qui a traversé près de dix années de troubles du comportement alimentaire.
Pendant longtemps, ma vie a tourné autour du contrôle.
Le contrôle de mon alimentation, de mon poids, de mon corps.
À l'extérieur, ma vie semblait normale. À l'intérieur, elle était devenue très étroite.
Comme si une partie de moi s'était progressivement éteinte.
Avec le recul, je ne crois plus que les TCA étaient uniquement une histoire de nourriture.
Ils parlaient aussi de ma peur de grandir et d'incarner mon identité de femme.
De ma difficulté à prendre ma place dans le monde.
De mon incapacité à habiter pleinement mon corps et ma vie.
C'est un long chemin de reconnexion qui m'a progressivement permis d'aller mieux.
Ce qui est assez drôle, c'est que bien avant tout cela, lorsque j'étais étudiante en psychologie, je disais souvent que j'aimerais un jour accompagner des personnes atteintes de TCA.
À l'époque pourtant, je n'avais jamais connu ce problème.
Je ne sais pas vraiment pourquoi ce sujet m'attirait autant.
Mais il revenait régulièrement, comme une intuition.
Quelques années plus tard, la vie a décidé de m'y confronter d'une manière beaucoup plus personnelle que prévu.
Parfois, je me demande en souriant si ce n'était pas déjà mon moi du futur qui essayait de m'envoyer un message.

Aujourd'hui, la liberté est probablement la valeur qui guide le plus ma vie.
J'ai besoin de sentir que je choisis ma direction, que je peux créer une vie qui me ressemble.
Que personne ne décide à ma place de ce qui est bon pour moi.
Cette liberté, et cette souveraineté, j'ai mis du temps à les conquérir.
Et c'est aussi ce que j'ai envie de transmettre aux femmes que j'accompagne.
Pas seulement sortir d'un symptôme, mais retrouver suffisamment d'espace intérieur pour vivre selon leurs propres règles.
Retrouver leurs désirs, leur élan, prendre leur place. Rallumer leur feu intérieur avec toute l'intensité qu'il mérite.
Et réveiller cette part d'elles-mêmes qui n'a jamais cessé d'être profondément vivante.
Et c'est probablement ce qui me passionne le plus : voir une femme recommencer à vivre pleinement.
